lundi 28 décembre 2009

Le Cheval

Premier prix Poésie régulière
Thème animaux
Ludovic Chaptal

Monté d'un conquérant, au trot vers l'horizon,
Le cheval va gaiement sur la terre sauvage
Où les barbares l'ont contraint à l'esclavage
Pour porter en avant la couleur d'un blason.

Monté de la labeur, à travers la campagne,
Il traine la charrue et creuse les sillons,
Les champs s'offrent à lui, Mieux qu'à tous bataillons,
De Chine en Amérique, en passant par l'Espagne.

Monté d'une Amazone ou d'un bon chevalier,
Il enchante à lui seul, les contes légendaires,
Mais occupe toujours les rôles secondaires,
Le courage et l'honneur à lui peuvent s'allier.

Monté du souvenir et tirant la charrette,
Il ne garde en son cœur que le plus essentiel
Pour conduire son maitre, au galop, vers le ciel
Jusqu'à ce qu'une étoile, une nuit, ne l'arrête !

Ludovic Chaptal


mardi 22 décembre 2009

L'escapade des cagouilles

Deuxième prix Poésie libre
Thème animaux
Edmond Colson

Quelle étrange région que la nôtre !
La pluie nous manque cruellement
En cette fin du mois d'août.
La grande prairie où poussaient les vignes
N'est plus qu'une lande fauve
Où la folle avoine s'affaisse
Sous les chardons secs qui la dominent.
Elle y perd l'illusion de ses épis,
Engrenant tristement ses nacelles dorées.
Seuls quelques petits bleuets rampent
Sur le sol durci des sentiers.

Mais voici que pour remplacer les fleurs,
Venus de nulle part,
De minuscules escargots s'envoient en l'air,
Ils escaladent les tiges raides
Des fenouils sauvages et autres ombellifères
Ils se hissent à la queue leu leu,
En procession figée, dès que le soleil
Monte au zénith
Ils ne reprennent vie
Que lorsque la nuit s'annonce
Et recommencent alors à glisser lentement,
Jusqu'aux sommets les plus graciles,
Se chevauchent en bavant de plaisir.

Et cela fait, sur les vagues d'herbe desséchées,
Comme les gréements de navires illuminés
De milliers de fleurs de nacre,
Qu'un génie bienveillant
Aurait largué pour nous,
Pendant que nous dormions.

Edmond Colson

lundi 21 décembre 2009

La danse de l'éléphante

Premier prix Poésie libre
Thème animaux
Patricia Grange


Un essaim de poussière
Air flou sur la danse du pachyderme

Oh danse, danse, héritière du matin de la terre !

Ses pattes au cuir tendu de breloques
Troublent l'atmosphère avec élégance.
Matriarche parcheminée au diapason des sens,
Elle fait ourler les vagues de sa chair
Sur le sentier des rêves originels,
Et la terre oscille au métronome de la volupté.

Un essaim de poussière,
Air flou sur la danse du pachyderme.

Oh, danse, danse, héritière du matin de la terre !

Tes yeux se sont fixés sur mon âme
Et ton regard avait des frissons humains.
L'ombre du Siam a fleuri sur mon coeur
Et l'essence de Ganesh a dansé sur la musique des sages.
Ta trompe doucement a enrobé mon oreille
Et y a soufflé la bénédiction des pères.

Oh danse, danse, héritière du matin de la terre !

Un essaim de poussière
Air flou sur la danse du pachyderme.

Oh danse, danse, héritière du matin de la terre !
Oh danse, danse, ferment du savoir de nos Pères !

Patricia Grange



samedi 19 décembre 2009

JE PENSE

Peut-être faudrait-il que le monde entier commence à "penser" ........... ?

jeudi 17 décembre 2009

La meunière et l'âne

Deuxième prix Humour
Thème Animaux
André Roou

Une meunière et son âne livraient farine
Elle allait, pas léger, élégante, mutine
Son Baudet du Poitou, fort et beau mulassier
Marchait à ses côtés avec un air altier.

Ayant lu "L'Âne d'Or" il rêvait à l'amour
De sa belle maîtresse et ses yeux de velours
Elle, tirait profit des saillies de la bête
L'argent ainsi gagné emplissait sa cassette

La livraison finie, ce jour-là, justement
L'âne devait aussi couvrir une jument
Par sa réputation, l'animal rapportait
Pourtant cette fois-là, comme on dit, il calait !

Sa patronne, pas née de la dernière pluie
Regarde tout autour, ne voit signe de vie
Devant l'âne contrit, relève son jupon
Dévoile ses dessous avec un air fripon

Aussitôt l'étalon, qui n'en croit pas ses yeux
Se réveille de là où il était si piteux
Honore la jument avec exaltation
Un beau mulet, pour sur, naîtra de cette union.

La meunière était déjà assise sur son âne
Flatte l'encolure et joue la courtisane
Lui murmure d'aller au plus vite au moulin
L'animal est charmé et il trotte serein.

Elle rentre en courant, saute sur son mari,
Sur les sacs de froment s'offre à l'homme surpris.
Ravi par ses ébats, ce feu de nymphomane
A des lieux de penser qu'elle le prend pour un âne.

André Roou

mercredi 16 décembre 2009

Guerre et Paix

Chancelante, je me sens prise de vertige
Seule face à la mer déchaînée de rafales
Telle une frêle fleur perchée sur sa tige
Assiégée de folles bruyantes cigales.

L'orage gronde sur le toit de la maison
Le gros arbre grince sous la rugueuse écorce
S'élève la ténébreuse et sourde chanson
De la nature dans son épreuve de force.

Les yeux fermés, mon visage frissonne au vent
Qui, balayant les nuages, purifie l'air
La rumeur s'éteint et je m'assoupis, rêvant
Aux souffles du silence dans le ciel clair.

Jean Souris à l'amour

Premier prix Humour
Thème Animaux
Frédéric Roche

Les volets dégondés pendaient sur la façade
Et mon toit me montrait le ciel froid de la nuit,
Sous le vent le cyprès, planté sur l'esplanade
Barbouillait mes vieux murs aux couleurs de l'ennui.

"La gent trotte menu" ayant mangé mes vivres,
Dans le cellier mon lard, mes pommes et mes noix,
Le suif de ma chandelle et le cuir de mes livres,
La disette annoncée mit son exode aux voix.

Une seule resta, petite souris grise,
Robe de moinillon, moustache d'adjudant,
Fut-ce de la pitié, de moi fut-elle éprise ?
Elle léchait mes mains sans donner de la dent.

Nous prenions nos repas dans la même écuelle,
Du pain émietté dans du lait coupé d'eau,
Après notre repue la jolie demoiselle
De ses petites mains se lissait le museau.

Un matin au réveil, j'eus un nœud dans la gorge,
La voyant s'échiner sur les parquets souillés,
A gratter, suffoquer comme un soufflet de forge,
La honte me saisit, mes yeux se sont mouillés.

Quelques ablutions et j'enfilai des hardes,
J'ai coupé le cyprès, j'ai scié, j'ai poncé,
J'ai raboté, j'ai peint et après cent échardes,
Mes murs furent chauffés et mon toit rapiécé.

Un samedi matin j'attelai ma voiture,
Et mon tabellion me reçut l'air gourmand
Je lui dis : "-Mon ami, passons à l'écriture
Et ne souriez plus... Voyons mon testament !"

Frédéric Roche

mardi 15 décembre 2009

Chaque jour

Deuxième prix prose Poétique
Thème: Le courage
Bernard Stimbre

Varapper, escorté comme épeire par son fil de la vierge, doigts et pieds agriffés dans des creux dolomites. Voler sous l'aile faseyante qui pastiche la ronde du rapace, festoie sur les marées du vent. Le courage est aisé à qui aime voltige, hauteur et néant sans vertige.

Chaque jour vaquer dans la froidure, sous l'ondée, pour nourrir sa nichée. Chaque jour tenir la main tavelée de ceux que l'on connait à peine et qui vont, bientôt changer de monde. Chaque jour prendre le pas de l'autiste cadenassé dans son âme incertaine. Chaque jour s'acharner à vivre, cramponné à sa désespérance.

Voici de ces sentes ardues où l'on prend le courage au collet, où la fortitude se frotte et s'use au quotidien, longue et belle patience, dans la voracité du temps qui broie nos jours.

Bernard Stimbre

lundi 14 décembre 2009

Petite poupée

Premier prix de prose poétique
Concours 2009
Thème: Le courage
Valérie Schreder

D'une main timide, la petite agrippe le bord du monde et se dresse, tremblante, sur ses jambes qui flageolent. De ses yeux de poupée cirée, elle observe la grille verte de l'entrée.

Le regard mouillé, fière d'être debout aux portes de la vie, elle s'élance vers l'asphalte, où d'autres déjà s'ébattent en semi-liberté. Elle court, à son tour vers l'inconnu, sans se retourner.

Petit bout de femme endimanchée, elle ne va tout de même pas pleurer. C'est digne des mamans, aux entrailles déchirées, de larmoyer le jour de la rentrée !

Valérie Schreder

mercredi 25 novembre 2009

C'est l'Amour tout simplement...

Ces gentilles attentions du quotidien nous font du bien.
Les petits gestes de tous les jours, ce gentil “bonjour”.
Voici mon bisou coquin et dans le cou surtout le matin.
Ce très joli regard tout en malice du Bernard complice.

Il m’enlace, m’embrasse et cela me délasse.
Caresse osée remplie de tendresse appréciée.
Un traversin parfumé, un gros câlin partagé,
Des galipettes ! Et voilà que l’on perd la tête.

Allongé de biais sur le côté, drap frais déplié,
Dormait à poings fermés mon coquin préféré.
En pyjama bleuté il s’endort comme un bébé,
Dans ce beau lit en pin qui abrite notre destin.

Des confidences dévoilées au creux de l’oreiller,
Où se promène la main dans ses cheveux frisés.
Une pensée au marché pour mes plats préférés,
Ce petit repas mijoté m’attendait pour souper.

Souvent il me bichonne et toujours se la donne.
Moi je l’empoisonne, chantonne, m’abandonne
Pour l’harmonie et la poésie, c’est toute ma vie.
A chacun de nous sa liberté et sa vie respectée.

De “Peruchette” à son “Beau Matou”… Bisous.

Un petit mot pour te dire...


U n petit mot pour te dire je t’admire, tu m’inspires.
N on ! Trop beau ton sourire, tu m’attires, c’est pire.

P ersonnage étonnant, à ton âge, tu es dans le vent,
E t par ta présence, ton absence, je suis en transe.
T endrement, je dédie ce poème, à l’être suprême.
I l t’en faudrait davantage, pour être dans le cirage.
T out me va bien et tout va très bien, ange gardien.

M ais on se cherche, se recherche, prends la perche,
O u alors “dors, mon trésor”, dans un corps à corps,
T ellement endiablé, que je vais y laisser, ma santé.

P ourtant mien, je tiens beaucoup à lui, aujourd’hui.
O n se chamaille, s’encanaille et on s’adore, encore…
U ne vie si bien remplie de plaisirs, désir et soupirs.
R iche, l’acrostiche fétiche, à la corniche, ma biche !

T e dire “Je t’aime, à la bohême” sans lire ce poème,
E n son île singulière, si particulière, à la traversière.

D évoiler ses sentiments, partager les bons moments,
I l y a un secret gardé et une vérité cachée, c’est vrai !
R egard complice tout en malice, c’est le feu d’artifice
E t te remercie d’agrémenter ma vie, je suis ravie o’ lit.

Cet acrostiche a reçu le Troisième accessit au Grand Concours littéraire du Monde francophone 2008 de l’Académie Poétique et Littéraire de Provence (catégorie poésie libre).

samedi 21 novembre 2009

Senses et Senteurs

Je te sens.
Je te sens derrière moi.
Je sens l'effleurement de ton doigt
Sur mon épaule.
Je sens la rosée perlée
De tes lèvres à mon cou.
Je sens la saveur musqué du soir
Qui embrasse mon corps.

Senteur de désir.

Je te sens.
Je sens le regard de tes yeux
A demi-clos
Qui s'approchent des miens
Et ce parfum boisé
Qui est le tien.
Je sens l'ambre chaud
Quand tes bras m'enlacent.

Senteur de désir.

Je te sens.
Je sens l'odeur de flammes brûlantes
Quand nos sangs s'emmêlent.

Senteur de plaisir.


Elisabeth Derwent Bayet

dimanche 8 novembre 2009

Remise du Trophée

10 octobre 2009 remise du grand prix
de la ville à Alice Hugo


dimanche 25 octobre 2009

10 octobre Angel GIRONES



Angel GIRONES auteur compositeur
et fondateur du club
"Tant qu'il y aura des chevaux"
Avec la permission de l'artiste, un extrait (bien trop court)
de sa prestation lors de la soirée du 10 octobre

samedi 17 octobre 2009

Reflets de Venise

Venise, double face,
Toi et ton reflet.
Reflets de passion,
Tu es passionelle.
Reflets de portes dérobées,
Tu te dérobes
Dans tes ruelles inondées,
Inaccessible, mystéieuse.
Venise, l'inconnue,
Belle dame masquée,
Secrète et fatale
Qui disparaît dans la brume
Du petit matin.
Quels sont les secrets
Cachés derrière le visage
Coloré de tes façades ?
L'eau coule sur tes marches.
Elle veut te pénétrer.
Elle cherche à te connaître,
Toi et tes secrets.
Elle tourne autour de toi
En remous incessants.
Elle te nargue, te taquine
Et te bouscule.
Tu es chancelante derrière
Le reflet irisé de toi-même.
Venise, la romanesque,
Tu es le reflet éternel
De l'Histoire.
Elisabeth Derwent Bayet

vendredi 16 octobre 2009

Colère



A voir tous ces voleurs comptables,
Traders friqués interchangeables
A la morale impalpable,
Dans leur costume impeccable,
Gris le matin et noir le soir,
Dans les palaces où l'on dîne
Aux côtés des bradeurs d'usines.

A voir les donneurs de leçons,
Banquiers, juristes, avocaillons,
Fripons, larrons, caméléons,
Assoir la loi à leur céans
Sur la banquette du restaurant.

A voir la détresse ouvrière,
"lettre au matin - viré le soir".
Il me souvient de temps "brumaire",
Où l'on vit Dame La Misère
Tremper sa plume dans le sang.

Gérard Comolas

mercredi 14 octobre 2009

Pourquoi l'automne ?


Il y a dans les bois tant d'arbres différents,
Des minces et des gros, mais tous tellement grands !
Ils tendent vers les cieux leurs verdoyants feuillages
Fièrement, tout l'été, en triomphant hommage.

Mais Dieu reste insensible à toute flatterie,
Et se fâche de voir telle flagornerie ;
Il souffle sa colère en fronçant des nuages
Et répand sa tristesse en longs sanglots de rage.

Les modestes sapins aux branches retombantes
Ne sont pas concernés par cette déferlante.
Sous le divin courroux les arbres cramoisis
D'une flambée de honte sont alors saisis.

Les géants repentis s'effeuillent en prières,
Font un tapis d'offrandes pour leur mère la terre,
Poussant l'humilité jusqu'à passer l'hiver
En affrontant le froid aussi nus que des vers.

Le Créateur ému par cette pénitence,
Leur offre le printemps : une nouvelle chance.
Mais tant que leur mémoire oubliera la leçon
Ils subiront sans fin le cycle des saisons.

Claudie Becques (13/10/09)

vendredi 9 octobre 2009

Ambiance automnale

Quand reviendra l'automne avec les feuilles mortes
Qui couvriront lentement du jardin la terre
Quand le vent soufflera dans les branches encore fortes
Les arrosant en caresses des gouttes argentées de la mer

Je veux encore aller m'asseoir dans la trouée
Contre ce talus tissé d'un lierre vermeil
Et contempler longtemps ce petit nid douillet
Et sentir mon coeur irradier comme un soleil.

jeudi 8 octobre 2009

Acrostiche : champignons, cèpes, coulemelles...


C ouleur argentée, dorée, endimanchée saupoudrée de rosée fraîchement tombée,
H abillés différemment, nous y allons gaiement, tout en sifflotant, tranquillement.
A ccompagnés du chant des oiseaux, le soleil, sans vent, est très haut, il fait beau ;
M agnifique tableau coloré aux tons harmonisés bien mélangés, c’est la fin de l’été.
P arfums variés, petite route goudronnée, forêts ratiboisées… tout a été ramassé.
I mpossible n’est pas français et disponible on l’était... et impassible on l’est resté.
G ardons un bon souvenir de cette journée de plaisir, on va partir et quel soupir !
N ature, nature, tu es si pure ! Mets ton armure, le temps soignera tes blessures,
O uverture et Aventure ! Tu as si fière allure, dame nature et trop belle créature.
N ous arrivons en carioca à La Salvetat, village sympa où le fromage guide ses pas
S itué dans la ruelle, un restaurant, très charmant, nous attend et nous interpelle...

C hangement de décor, nous rencontrons Victor et son plan secret qui vaut de l’or
E t après le délicieux déjeuner à La Commanderie, nous voici donc repartis, ravis.
P artout, il y en avait, des rouges tachetés, orangés, mais ils étaient tous mauvais...
E t caché sous l’épais tapis de feuilles colorées et branches cassées, “il” l’a repéré,
S eul, abandonné dans l’immense forêt ensoleillée, un cèpe reposait, il l’a réveillé...

C haleureusement, la petite rivière toujours si régulière descend vers la clairière
O ù la détente et l’andante de sa sérénade enchantent la balade. Quelle galante !
U ne palette de douceur-chaleur et deux brochettes de bonheur-bonne humeur.
L e poète a dit : pas de cueillette, pas d’omelette mais la couette est plus discrète
E t à la nuit tombée, tout redevient secret, le soleil couché, la lune prend le relais.
M atin brumeux, j’ouvre enfin les yeux, au lac de la Raviège, on soutient un siège.
E t nous voilà cahin caha, chemin faisant vers la Fête des Vendanges à Ouveilhan.
L e vide grenier, le grand marché, les groupes folkloriques animaient en musique.
L e fifre, les hautbois, les harmonies d’ici étaient de la partie, et Mon Lapin aussi...
E t après la vision, l’apparition, on est allé chacun de son côté avec son bien aimé.
S urtout... ne sois pas jaloux, Beau Matou car on s’entend vraiment bien sur tout.

Harmony

C'est l'automne...

Automne

C ‘est l’automne dans les bois et il fait si froid,

E t je chantonne, cela va de soi, à chaque fois.
S ur l’immense tapis de feuilles aussi colorées,
T out en cadence, j’y cueille… un joli bouquet.

Bouquet d'automne

L a mousse est si douce… sur le bas-côté…

A h ! Là voilà qui pousse… sur les rochers…
U n grand champ de fougères, multicolores,
T ellement vivant ! Je préfère, on les adore,
O riginales et spéciales aux tonalités variées,
M ais le soleil a sommeil, il a oublié le réveil…
N uages et ciel bleu, au paysage capricieux,
E t ça impressionne, l’automne s’abandonne.

C'est l'automne

samedi 3 octobre 2009

Nuits d'Enfants



Les enfants de la guerre ont tous l’âme malade.

Oublieux des tireurs planqués en embuscade,

Ils s’efforcent le jour de relire au jardin

Sous le soleil brillant, quelque conte enfantin,

S’appliquent à écrire et révisent à table,

Ou dessinent du doigt des formes sur le sable…

Mais leurs corps ont toujours ce sursaut un peu fou,

Qu’ils vivent à Gaza, Sétif ou Dien Bien Phu.


Les enfants de la guerre ont tous l’âme malade.

Ils cherchent sans arrêt au sommeil la parade,

Et tentent d’élever, en jouant bien trop tard,

Un rempart de gaîté contre les cauchemars,

Car ils peuplent leurs nuits d’un seul géant énorme

Quand toutes les terreurs en rêve prennent forme.

Poursuivis à jamais de monstruosités,

Ils tremblent sous les draps, de frissons agités.


Les enfants de la guerre ont tous l’âme malade

La pureté se meurt sur chaque barricade.

Dans la fuite immobile il n’est point de salut.

Le cœur dans un étau, légers comme fétu,

S’ils tentent d’échapper à la fureur guerrière,

Des pas cyclopéens vont ébranler la terre,

Ecrasant au passage un faible, un innocent,

Et les nuits des petits se colorent de sang.


Elisabeth DESHAYES

vendredi 2 octobre 2009

Je Vois Un Paysage

Elisabeth Derwent Bayet

samedi 5 septembre 2009

Senteur

Mon amie, ma mère
Fleure ces essences de bois de pin
Moite de brise marine
Senteur des chaudes journées d'été
O ma Charente nostalgique !
Laisse moi maintenant basculer
Dans le clair fouillis de ma tête...

Mes enfants, ma chair
Humez cette fraicheur mâtine
Perlant à petit bruit de la rosée
Senteur des humaines souffrances
Qui nous traversent de vie en vie !
Ainsi nous avons encore
Parlé toute une nuit...

Mon amour, mon frère
Mon impossible compagnon
De quel douloureux pèlerinage
Reviens-tu peuplé d'obscures infirmités ?
Quelle part d'ombre nous abandonne au seuil du songe,
Incapables de nous tenir ensemble
Debout dans la lumière ?...

Coté Bord de Seugne

La petite yole
Glisse sur l'eau molle
Et s'en vient
Soupirer le soir
D'un havre sans gloire
Et Dolent

Le remous de l'eau
Sensuel et Chaud
Me fascine
Et près de la berge
Ou la vieille auberge
S'éteint

La sente sauvage
Envoie ses mirages
Lancinants
Exhale une odeur
Que ma main effleure
Et caline

mardi 28 juillet 2009

Le ça














Le ça !

L’Esprit ça se touche avec les doigts de la pensée
ça se lutine avec les ongles vernis de l’imaginaire
ça se danse joue contre joue dans un baiser de Soi
l’Esprit poudré de safran se déroule en volutes d’encens
l’Esprit contemple l’Esprit dans l’invisible miroir du ça…
Qui par son rêve le féconde.

N’éveillez pas le Çhat qui dort !

Pimpin, Prince de La Ruelle
traduit du Pimpinois

samedi 25 juillet 2009

L'Odeur



L'odeur du cuir et du papier glacé,
L'odeur de librairies et de bibliothèques,
L'odeur du bois scié et des crayons taillés,
L'odeur d' herbe fraichement coupée,
L'odeur du vent iodé qui vient de la mer,
L'odeur des bûches qui craquent dans la cheminée,
L'odeur de fraises doucement équeutées,
L'odeur reconfortante de cigares et de pipes,
L'odeur du pain chaud qui n'attend que le beurre,
L'odeur huilée de la palette d'artiste,
L'odeur de la brise qui annonce le printemps,
L'odeur du café quand le matin se réveille,
L'odeur rôti de dimanche de notre enfance,
L'odeur bois brulé sur les collines d'automne,
L'odeur petit sapin tout guirlandes garni,
L'odeur d'épices de couleurs envoûtées,
L'odeur lampes à pétrole et vieilles drogueries,
L'odeur toile cirée de nappes et de pluie,
L'odeur du jour qui se lève et du sommeil de la nuit,

L'odeur du temps qui s'écoule et de la vie aussi........


Elisabeth Derwent Bayet


mardi 21 juillet 2009

Coté bord de Mer

Coté bord de Mer


Douce Charente
Aux noms rocheux et écaillés
Charente au goût de sel
Sous un soleil effiloché
Charente au goût amer
A la mer angoissée
Charente au vent de pierre
A la pierre usée de vent
Douce Charente ou toute vie
Est mer et vent

dimanche 19 juillet 2009

Les Yeux de l'intérieur

Petit conseil, le son est important.
Roland


mardi 14 juillet 2009

Soeurs du Nord





Entends le vent du Nord chanter notre passion,
Il entraîne avec lui notre tendre affection,
Ces petits bouts de nous portés par les nuages
Qui traversent la mer jusqu'à nos deux rivages.

J'ai noué ta lumière aux accents de mon ciel,
Deux voix un même écho en rayons d'essentiel,
Des tempêtes de pluie aux flocons dans le cou
Nous créerons un pays, une langue pour nous.

Quand la plaine s'étire aux abords du néant,
Que s'unissent nos cœurs en un seul battement
La brume se déchire aux éclats de nos rires
Découvrant l'horizon, la joie en point de mire.

Sous les lustres nacrés des années de silence,
Nous est né ce chemin aux couleurs d'abondance,
Une feuille d'automne Alunée aux étoiles
La cinquième saison, un soleil sur la toile.

Tu offres un tapis blanc à mes jours anthracite
A mon âme à l’étroit l’amitié sans limite,
Un pôle de douceur, l’aurore boréale
Qui magnifie ma vie et la rend idéale.

Il n’est plus beau cadeau que les voies du hasard,
Quand le temps suspendu est refuge au regard,
Que nos mains édifiées porteront nos sommeils
Jusqu'au lever du jour, unissant notre éveil.

Notre complicité révèle une évidence :
Nous sommes sœurs du Nord… Merci la providence !
Nos mots sur une page enfin à l’unisson
Pour composer ensemble une belle chanson.


Clo et Nad - sœurs du nord
Juin 2009

Ballade des belles dames du temps présent


A quinze ans Dim Dam Dom comblait ma libido,
Les femmes étaient belles, d'en haut, d'en bas, de dos.
La mini s'arrêtait où le désir commence,
La poésie hantait nos nuits d'adolescence.

Puis insidieusement les jupes ont disparu.
Plus besoin de rêver, Madam' s'est dévêtue
Inondant les revues, avec ou sans tutu,
La gent féminine a affiché son nu.

Sur la pub de la rue l'érotisme s'étale
Les courbes, les rondeurs, débordent sous les voiles.
Les rives inconnues n'ont plus aucun mystère,
Le moindre abribus nous emmène à Cythère.

Le transport amoureux était tapis volant,
A voyager en string il devient toboggan.
C'est le grand tourbillon, la foire des plaisirs,
Le manège gourmand, la valse des soupirs.

Princesses aux seins nus, avec ou sans vos jupes,
Vous êtes bien jolies et vous n'êtes pas dupes ;
Il bêle le troupeau des jouisseurs béats.
Qui nous délivrera ? ... Pitié ! ... N'arrêtez pas !

Gérard Comolas

lundi 13 juillet 2009

EAU

Elisabeth Derwent Bayet

Hymne au printemps


Le soleil court fiévreux contre la pierre sombre,
Arrachant des éclairs de purs rayons d'airain,
Rampe dans la forêt jusqu'au ruisseau dans l'ombre,
Révèle les soupirs du monde sous-marin.

Dans l'azur chaud du ciel, les grands oiseaux des cimes,
Arabesques de feu dans un grand vol serein,
Allument d'un éclair les rubis des abîmes
Et dans les gouffres noirs des pépites d'or fin.

Si le chevreau léger saute de roche en roche,
Si la neige éblouit dans les plus hauts sommets,
Ici dans le vallon où le bonheur est proche,
Je m'alanguis sur l'herbe et commets des sonnets.

De pourpre, d'émeraude et parfois d'opaline,
Tout près l'étang sommeille en atours somptueux.
Le vol des flamants roux, là-haut vers la colline,
Brusquement s'est enfui, volcan impétueux.

Quelle vague perdue accoste sur ma rive ?
Quel aimable Zéphyr embaume cette fleur ?
Car l'ivresse d'espoir que le printemps avive,
Fait perler doucement des larmes de bonheur.

Barnabé Sanchez




mardi 30 juin 2009

Quel toro piscine endiablé !

Un toro piscine, un soir d’été, en juillet ? Rien de mieux pour passer une bonne soirée… L’histoire vraie que je m’en vais vous raconter, devrait bien vous amuser. Allez ! Venez ! D’abord, rappelons les faits, mais vite fait ! Notre splendide scène : une superbe arène, piscine carrée, de l’eau jusqu’aux mollets, des bottes de foin regroupées de tous côtés. Les tribunes débordaient, les jeunes s’amusaient, une musique animée venait de la pena endiablée. Le micro spécial taureaux résonnait tout là-haut, ces bestiaux si costauds voulaient faire les beaux.

Voyez ! La première animation retenait l’attention et les spectateurs participaient tous de bon coeur. Dans la bonne humeur, l’ambiance du bonheur. La vachette, vedette, voulait aussi être de cette fête. Elle a déboulé, encornée, sur la piste ensablée et nous a recouvert de poussière avec ses pattes arrière. A commencé à s’élancer pour les déquiller, les faire valser, elle glissait, dérapait et toujours se relevait. Ces petits jeunes dévariés, en short, tee shirt, baskets s’éparpillaient comme des moineaux pourchassés. En veux-tu, en voilà, des plongeons dans la piscine, elle les attendait, la coquine… et maintenant, devine !

Elle répondait à ce gentil prénom de… Maryse, c’est sûr qu’à elle, je ne lui ferai pas la petite bise. Plantée au beau milieu de l’eau, la tête relevée, elle satisfaisait à l’appel, à un besoin très naturel. A l’aise Blaise, elle l’avait mauvaise… En voiture Simone, allez ! Là, cette cochonne s’abandonnait. Sa queue remuait en cadence, elle menait la danse, et cette fontaine coulait, sans jamais s’arrêter… Au frais, les papattes dans l’eau souillée, avec sa robe colorée, cette artiste ne se sentait pas gênée. Les gamins, aux quatre coins du bain, tremblaient et essayaient de respirer afin de ne pas se noyer. Le spectacle payait, ils avaient vu son gros fessier… La pena jouait, le public riait, le micro animait. L’arène en délire, avec le sourire et que de rires, je vous laisse imaginer, jamais je n’ai autant rigolé !!!
Véronique BOUZIGUES - Mai 2009

vendredi 26 juin 2009

Souvent je parle toute seule

Souvent je parle toute seule

non pas pour palier l'absence
mais c'est en parlant que je pense
je me lance des invectives
je me sermonne s'il m'arrive
les mains plongées dans l'évier
de fêler un verre à pied.

Souvent je parle toute seule

je m'étonne de la poussière
passant partout la serpillère
et cette crinière mouillée
laissant sur le brillant plancher
les trainées de son activisme
me dévoile son érotisme.

Souvent je parle toute seule

donnant aux gestes quotidiens
un sens, un coloris, du chien,
habillant de mots les silences
et les fracas de l'ignorance
j'ose dire sur tous les tons
les empêcheurs de tourner rond.

Souvent je parle toute seule

quelques fois même dans la rue
laissant sourdre sans retenue
un sourire, un mouvement,
un petit cri d'enchantement
de faire partie de ce monde
de naviguer sur la grande onde.

Souvent je parle toute seule...

marie-ange

mardi 23 juin 2009

Ma petite culotte en dentelles...

Je sais d’avance ce que vous allez penser, mais...
J’ai pour mauvaise habitude, et je le reconnais,
Une fois la lessive terminée et à moitié séchée,
D’attraper mon linge, de le jeter dans le panier.

La jolie corbeille bien en équilibre sur la moto,
Là-voilà qui voltige et redescend de bien haut.
Ma petite culotte aux belles couleurs orangé,
De la panière avait glissé et s’était échappée.

Sur le repose pied elle séchait tranquillement,
Bien à l’abri du soleil, du vent venu de l’étang.
Evidemment je ne l’avais pas vue, suspendue,
Et carrément posa mon pied sur cette tordue.

Ainsi fut fait… toute la journée en allant travailler,
Mon si joli dessous s’est promené un peu partout.
Je comprends à présent le pourquoi du comment,
Les badauds me reluquaient à tout bout de champ.

Nous n’étions plus intime, c’était une victime…
De mon fétichisme, de mon je-m’en-foutisme.
Le soir, tellement contente de l’avoir trouvée,
Ma petite rescapée, que je l’ai faite encadrer.

Véronique BOUZIGUES - Juin 2009

Tous les soirs, sur le bord de l'étang...

Tous les soirs sur le bord de l’étang, je vais voir ce beau décor de printemps.
Un poisson vient de moucher, des jeunes gens lancent des pierres en ricochet.
Des chiens non attachés mais habitués gambadent, sautent de tous les côtés.
Il est calme l’étang, pas le moindre souffle de vent, le soleil s’y reflète dedans.

Dans le ciel si bleu, il brille, s’illumine, une longue trainée lumineuse scintille.
Les rochers colorés sont entassés facilitant la descente pour aller se baigner.
Je me promène tranquillement, en frottant mes souliers sur l’herbe mouillée.
Aucun bruit ne vient troubler ce bon moment et je respire cette joie de vivre.

Dans le fonds j’aperçois les algues danser, et une nacelle pressée de rentrer.
Comme des bateaux blancs se balançant, des mouettes attendent le courant.
Les belles maisons aux murs et volets, toujours bien colorés sont bien gaies.
De grands lampadaires illuminent nos terres, les petites allées goudronnées.

Le soleil joue à cache cache, puis disparaît, l’étang devient alors plus foncé,
Tandis que le ciel et ses nuages aux tonalités bleutées m’invitent à rêvasser.
Je suis ici à contempler, assise sur le rocher, et me voilà tellement inspirée,
Mais quel regret, il me faut déjà rentrer, la nuit m’offre les bras de Morphée.


Véronique BOUZIGUES - Juin 2009

dimanche 21 juin 2009

Quand rêve une fleur pensive


Je rêve dans la graine encore,
Sous le parfum noir de l'humus,
Abritée par une feuille brune.

Un soleil natif évapore
Les larmes de rosée fragile
Qui perlent aux pédoncules.

Puis nourrie de l'eau que je puise,
Je me revois, en tournant, sortir,
En tournant autour de ma tige,

Pour une danse en ce décor
Où des insectes funambules,
Suspendus à quatre brindilles,

Me font parade de leurs ors...
A chacun des pas de ma danse
Chantent les couleurs qui m'habillent.

Dans le parfum noir de l'humus
Quand une fleur rêve pensive
Abritée sous une feuille brune

Raymond Bergerot 30 avril 2005




samedi 20 juin 2009

Le Rire et Le Rêve

Elisabeth Derwent Bayet

Tu me manques


Un poème qui nous a été envoyé par une internaute Serbe, qui je le rappelle n'est pas un pays Francophone. Merci à Vojka.

Tu manques à mes mains
Qui veulent te caresser
Tu manques à ma bouche
Qui veut te dire comment je t'aime
Tu manques à mes lèvres
Qui veulent te donner mille bises
Tu manques à mon corps
Qui veut sentir le tien
Tu manques à ma tête
Qui ne reconnait plus le chemin
Tu as capturé mes pensées
Mais il n'y a pas de réponse
Il n'y a pas de message
Il n'y a pas de coup de téléphone
Seulement un silence épais
Qui avale mes sens :
Je ne te manques pas !

Vojka Milovanovic







jeudi 4 juin 2009

Sous le signe du poisson

Petit poisson est devenu grand
Personne ne l'a mangé avant

Dans la rivière, que l'eau soit trouble ou claire,
calme ou déchainée, il nage vers sa destinée
avec ou contre courant, selon l'humeur du moment,
parfois même entre deux eaux, montrant prudence s'il le faut.
La rivière coule inexorablement vers l'immensité de l'océan,
curieux, téméraire, il s'y jette,
ignorant des dangers qui le guettent,
perpétuel rescapé, au prix de grandes frayeurs,
des dents acérées du gros poisson prédateur;
jusqu'à présent vaille que vaille il a échappé par bonheur
aux dangereuses mailles du gros filet du pêcheur.
Il s'éclate en bonds joyeux dessus l'écume argentée
replonge roi gracieux dans les profondeurs moirées,
ses écailles frissonnent sous les caresses de l'eau
tout heureux il slalome entre les vermeils coraux.

Petit poisson deviendra sage
Pourvu qu'il en atteigne l'âge.

samedi 30 mai 2009

Insomnie


Quand l'encre de la nuit noircit ma page blanche,
Que l'intime silence assourdit mon réveil,
Qu'à la pression des mots je ne suis plus étanche,
Qu'aux abysses du temps se débat mon sommeil...

Dis, toi !Tu rêves à quoi ?

Quand la taquine plume vient chatouiller la muse,
Que dans mon subconscient s'insinuent les vers,
Quand l'inspiration me piège à sa ruse,
Que la fatigue, aux rimes, s'inscrit en game-over...

Dis-moi,Tu rêves à quoi ?

Quand du fond du passé revient quelque fantôme,
Que sous la pleine lune hurle le souvenir,
Que la mémoire tonne en foudroyant mon somme,
Et qu'à la soif d'écrire je deviens vampire...

Dis, toi !Rêves-tu de moi ?

Mais quand l'appel des sens titille l'insomnie,
Que mon désir est tout autre que littéraire,
Que ta main sur ma peau devient ma seule envie,
J'avoue que ton sommeil, plus que tout, m'exaspère !

Eh, toi !Réveille-toi !



Claudie Becques (20/03/09)

samedi 23 mai 2009

Prise de tête


Il y a quand même des expressions qui donnent à réfléchir...
Je prend un exemple connu : Lorsque l'on rate un rendez-vous de très peu, on peut dire :
"On s'est ratés de rien" ou bien encore : " On s'est ratés d'un cheveu" et à priori, ça veut dire la même chose. Vous croyez ça vous ?
Pas moi, je dis non !
Parce que "rien" par définition c'est "rien"... Donc si l'on s'est ratés de rien, c'est qu'on s'est pas ratés. Il me semble que c'est logique ?
Quand à se rater d'un cheveu, ça n'est pas rien, surtout pour ceux qui les perdent... et oui ! nous ne sommes pas tous égaux devant la valeur d'un cheveu..
En plus je trouve que c'est un non-sens de dire : " Tiens je perd mes cheveux" parce que si l'on s'en aperçoit, c'est qu'on les voit lamentablement échoués dans nos lavabos, conclusion, si on les voit, c'est qu'ils sont pas perdus, mais tombés.
D'ailleurs à ce sujet, celui qui a inventé les lavabos ne devait surement pas souffrir de calvitie, sinon, il les aurait pas fait blancs, mais c'est une autre histoire.
L'autre jour, après m'être lavé la tête, je vois dans ma douche plein de cheveux que j'avais tombés, j'appelle ma fille : " Marie, viens voir les cheveux que je tombe, c'est quand même quelque-chose ça ! "
Alors conclusion ! si c'est quelque-chose, c'est bien que c'est pas rien ?
Mais le pire, devinez ce qu'elle m'a répondu ?
"Mais papa, ne t'inquiète pas c'est rien ! "
Alors moi qui n'ai pas pour habitude de me faire des cheveux pour rien, ça a été direct prise de tête... donc devinez ce que j'ai fait ?
Je suis parti me coucher, parce que quitte à se prendre la tête, autant le faire à tête reposée...

Roland

dimanche 10 mai 2009

Intemporel


Que j'aime au coeur du temps le fruit de l'insouciance
Qui nait de nos instants furtifs et maladroits
Les sabliers fuyants vers un chemin de croix
Sans plus n'appartenir qu'aux vêpres de l'errance
Ces havres du désert où geignent les souffrances
Que j'aime au coeur du temps le filtre des émois
Le puits de la mémoire, un souffle d'autrefois ...

En moi renait encor le baume apprivoisé
Ta main dans le miroir qui capte mon chemin
D'un cimetière étroit au coeur de l'alizé
J'irai au pied du vent cueillir nos lendemains
Je suis la terre et l'eau, le cri de l'orphelin
En moi renait encor l'offrande des années
Que j'aime au coeur du jour ce temps qui m'eut aimé...

Je suis le voyageur de mon pays lointain
L'escale où j'ai grandi est un hameau de pierres
Ancrée dans l'invisible, impénétrable hiver
J'émigre des saisons aux pas du quotidien
Je ne veux ni perchoir ni murs à ma volière
Je suis le voyageur de mon pays lointain
Un envol de passage dans les yeux du matin...

Mésange







samedi 2 mai 2009

Nos Printemps


Où sont passés les printemps
De nos corps fleuris de baisers ardents,
Baignés de soleils naissants,
Caressés par des rêves alléchants,
Les printemps des promesses fougueuses
Où les journées s'envolaient en nuits prometteuses,
Où les nuits s'écoulaient en paroles langoureuses,
Où les paroles disparaissaient, silencieuses ?

Où est l'innocent paradis du printemps,
La fraicheur des amours enfantins,
Les petits plaisirs gais et anodins
Qui nous emportaient sur le vent ?
Où est le temps des cerises écarlates
D'où coulait le nectar de notre jeunesse,
Les fleurs en parfum de teintes délicates,
Les oiseaux fredonnant de tendres caresses ?

Les étés chauds nous ont laissé leur empreinte,
Enflammant nos corps de mille feux,
Nous consumant dans un brasier d'étreintes,
Nous embrassant d'un soleil capiteux.
Et voilà nos automnes qui s'enfuient vers l'hiver
Comme une rivière vers l'infini,
Doucement, dans une lumière de prières,
S'éloignant des printemps de notre vie.


Elisabeth Derwent Bayet

jeudi 30 avril 2009

Printemps 2009

Il est des jours
Où l'on se sent plus lourd
Qu'un nuage de boue
Qui s'abattrait sur vous.

Un coup du sort
Qui violemment vous tord
le fil de votre vie
Le casse sans merci.

Il est des nuits
Cauchemars, insomnies,
sombres miroirs reflets
De la réalité.

Et cependant,
La venue du printemps
Change la boue au vert,
Coeur plus léger, ciel clair.

Serait-ce vrai
Que tu puisses verser
Dans mon calice amer
La rosée de tes vers ?

Un jour sera
Où le mal s'en ira
Fais ton nid, temps vainqueur,
Dans la plaie de mon coeur.

lundi 13 avril 2009

Le Printemps des poètes

soirée organisée par le "Club Poésie et Chanson George Brassens" et le glacier "Le Saint Clair"


dimanche 5 avril 2009

Les Joutes


Le flot bleu miroite en clapotis vivaces
Un cargo lentement traverse aux carrefours
Le voilier chahuteur que des chaines tenaces
Retiennent prisonnier, égrène en vain les jours...

Deux géants harnachés de carapaces blanches
Regardent d'un œil noir vers l'avant du bateau.
Le pavois dans la main, les pieds calés aux planches.
Immenses goélands se reflètant sur l'eau !

Les rames souquent dur ! Le choc est titanesque !
Le bois gémit, craque, se soumet à l'effort...
Et les dieux de la mer, dans la lutte dantesque,
Réunissent leurs voix pour choisir le plus fort !

Leurs lances se rompent ! Puis se cabrent les barques !
Et la foule applaudit les deux hommes debout !
Les murs se teintent en rose au soleil vers les parques ...
Je m'éloigne du quai ... car au fond... je m'en fous !

Barnabé Sanchez



samedi 28 mars 2009

Tendre blessure


Mes souliers élimés

Ont battu ton pavé

"Berga" la montagnarde.

Village en Pyrénées,

Ton image est gravée,

Plantée comme une écharde.

Si le temps est passé

Je n'ai pas oublié,

De la moindre ruelle

Au plus petit ruisseau.

J'ai couru tes coteaux,

Chassant la sauterelle.

Et mamie Manuelle,

Qui sentait la cannelle,

Cachée sous sa mantille,

Cheveux immaculés,

Son accent qui mêlait,

Catalogne et Castille.

Elle a su embaumer

D'odeurs de riz au lait,

Mes années d'insouciance

Et ses mots qui roulaient

De ses lèvres rosées,

Comme un vin de Provence.

Espańa mi amor,

Mi tierra mi dolor,

Me espera su dulzura.

Que j'aime tes couleurs,

Que j'aime tes odeurs,

Toi ma tendre blessure.


Roland VIDAL




mercredi 25 mars 2009

Nota Bene



Lorsque viendra le jour des affligeants adieux,
Que le coeur déchiré nous te mettrons en terre,
Nous rappellerons-nous tes dires de naguère,
Sur tes voeux pour demain quand on devient trop vieux ?

Tu te réjouissais de voir les envieux
S'étonner que le temps ne te maltraîtait guère.
Tu répétais : "Jamais devenir grabataire !
Abandonner plutôt ce corps trop odieux !"

Et comme à chaque fois tu réussis ton coup,
Tu sauras bien à temps tirer ta révérence ;
Egoïstes, sur nous nous pleurerons beaucoup.

Oublier le chagrin... Surtout s'en souvenir !
Se réjouir pour toi d'avoir eu cette chance
De vivre aussi longtemps et dignement partir.



Claudie Becques (11/03/09)

samedi 21 mars 2009

L'ancolie des maux



A toi belle ancolie dans l’étreinte du ciel,
Rayonne autant d’amour qu’en tes parfums exquis,
Ravive au cœur de l’homme une aurore assoupie
Puis soulage à ses maux le cri qu’il te révèle.

Dans la chair émaciée de son âme engourdie,
S'insinue la douleur retenue prisonnière,
La beauté de l'humain quand s'effondre la pierre,
Mais d'autant d'illusions la mémoire s'enfuit.

Au jardin des rosées quand renaît le printemps,
Offre-lui le secret de tes larmes écloses,
Un pétale en bouquet pour panser l'ecchymose
Et nourrir de tes pluies ses arides tourments.

Il porte en croix l'amour sur des chemins fragiles,
Convie-le d'épancher les mots qu'il se retient,
Prends-le dans tes bras et dis-lui qu'en ton sein,
Bat le cœur de ta main sur la fleur de l'exil.


Mésange, 7 février 2008



Merci à Nadine, une internaute Québécoise, pour ce joli poème, l'occasion d'une pensée amicale pour tous nos cousins de là-bas, amoureux de la langue Française.






lundi 16 mars 2009

NOIR ET BLANC



Il n'y a rien de noir et blanc.

Le noir tire sur le bleu la nuit venue,
Jetant ses ombres étoilées sur la mer.
Au petit jour, lorsque les étoiles argentées ont disparus
Derrière la lune laiteuse,
Des perles d'écume dansent sur le sable clair.

Il n'y a rien de noir et blanc.

La neige en hiver tire sur l'écru
Et ses reflets bleutés s'allongent vers l'infini
Sous des nuages rose vanille.
Nuages qui s'assombrissent avec l'orage
Dans un ciel ébène et gris.

Il n'y a rien de noir et blanc.

Et ces pensées 'noires' qui peuplent nos nuits
Ne sont que des rêves sombres
Que le matin éclaircit.
Et la peau 'noire' n'est qu'une peau 'blanche'
Dorée par une lumière qui brille.

Il n'y a rien de noir et blanc.

Et pourquoi cette pauvre pensée
Que nous sommes plus 'blancs' qu'autrui ?
Sommes-nous crystal et transparents
Ou sainteté divine ?
Nul n'est noir dans ce petit monde
Que mille teintes illuminent.

Il n'y a rien de noir et blanc.



Elisabeth Derwent Bayet

dimanche 15 mars 2009

Concerto pour cordes et un rêve,


Quand la guitare égrène ses notes de passion,

Que les cordes pincées chantent la communion,

Je sais offrir au ciel, en bleutées arabesques,

Les esquisses d’amour qui sont concerto fresques.


Je fais voile à son corps, beauté d’Esméralda,

Qui dessine les volutes sensuelle passionna ta,

Et gambade au seul gré de l’archet de mon âme,

Dont la baguette ardeur caresse son corps pâme.


Quand la musique pose la couleur du couchant,

Et que le doux refrain se meurt en son diamant,

Mes yeux percent les siens pour former le regard,


Ou nous noyons ensemble l’envie de nos épars.

Les cordes de l’amour font sillons sur nos corps,

Et nos bouches se mêlent en langoureux encors.



Liedich le vingtième de novembre 2008 ev

samedi 7 mars 2009

Stand by me


Comment ne pas vous faire partager ce pur moment de bonheur ?
Asseyez vous confortablement, mettez le son et écoutez.
Et puis si vous avez la chair de poule, ne vous inquiétez pas c'est normal,
à moi aussi ça me l'a fait.




lundi 2 mars 2009

Copains d'avant



Où s'en vont ces visages aimés de l'enfance,

Ces compagnons de jeux et de nos confidences,

Ces graines d'adultes emportées par le vent,

Déposées, dispersées dans la course du temps ?




Où s'en va la mémoire aux croisées des chemins,

Qui séparent les cœurs et font lâcher les mains,

Aux détours des regards, des règles établies,

Qui peu à peu se perd aux brumes de l'oubli ?



Où sont partis nos rêves et nos ambitions

Toutes ces idées folles et nos aspirations,

Celles qu'on projetait avec tant de talent,

Lorsque s'en vient l'automne et l'heure du bilan ?



Où se perdent les ans aux frimas de la vie,

Lorsque la volonté doucement s'engourdit,

Que la résignation déploie son tapis blanc

Pour offrir un linceul aux attentes en plan ?



Où dérivent les âmes rendues à l'évidence,

Qui, avant de sombrer dans les flots du silence,

Chantent à l'unisson une ultime prière

Pour que reste demain, un petit peu d'hier.



Claudie Becques


Petites Rides


Petites rides, petits ridules.
Qu'y a-t-il de ridicule ?
Rides de joie, rides tristesse,
Rides fatigue ou allegresse.
Pourquoi effacer
Visage creusé ?
Toute une vie d'amour, de peine,
Rides par qui les rires s'enchaînent.

Et, comme c'est triste,
Un visage lisse.
Rien n'est fané par les années.
Rides labeur,
Rides profondeur,
Traces de trop d'expérience.
Loin de moi l'insouciance.

Blessures, regrets,
Sans regretter
Tous les parfums d'années passées.
Parfums d'été,
Ebriété.
Parfums d'hiver,
Sobriété.
Rides de trop
Et rides pas assez.
Trop d'avenir et trop de passé.
Douces, cruelles,
Dures, sensuelles .....

Pourquoi faut-il que les rides s'effacent
Devant une vie si pleine .... qui passe ?


Elisabeth Derwent Bayet

mercredi 25 février 2009

Le vent emporte les feuilles mortes



Pris de frénésie
Il déchire les dunes
Plie les palmiers
Brise les branches
Hurle par-dessus les toits
Fait chanter les cheminées.

Prise de frénésie
Je laisse le vent m’emporter
M’ébouriffer la chevelure
Me balayer le visage
Me vider le crâne
Me déployer les ailes

Infinie légèreté de l’ange


Marie-Ange Hoffmann

samedi 21 février 2009

Shaïan

Et cette âme glacée, glissant sous la pluie battante,
Ce fantôme de beauté brûlante et de noirceur vibrante,
L'obscurité de son Daëmon, la pâle clarté de son visage,
Un esprit de perversion, dans un si beau corsage.

Elle avance vers moi à ton image,
De beauté nuisible et de cris invisibles,
Des fils invincibles m'enlacent, et des griffes
Nocturnales arrachent mon coeur de son antre.

Elles blessent ma peau, mon esprit et mon âme,
Torturant mon coeur d'une folie meurtrière,
Lambeaux de chairs déchirés à mon image,
Esprit enfermé dans une prison de verre.

Fanny Durand

Re-source


Le lac clapote et le ciel bêcheur
Se rit des turpitudes du monde,
Le sentier m'a proposé ses fleurs,
Le soir marie la terre et l'onde.

C'est l'heure où les flamants s'avancent
Tête attentive à petits pas lents,
Oeil rivé sur les fonds qui dansent,
Miroir fidèle et reflets vibrants.

L'esprit le coeur vont en symbiose,
Un indicible calme envahit
L'univers pur des flamants roses,
Fleurs de chair au jardin de la nuit.

Ils ont la légèreté des songes,
Le port délicat qui voit qui sait,
Les proies sont là les becs plongent,
Réalité fine et fiction vraie.

Autour d'eux s'agitent les canards
Pressés, les oies les poules qui chassent
En flottilles gâcheuses de nénuphars,
Rien ne vient troubler leur espace.

Loin des cris confus de la cité,
Ils s'envolent planent et se posent
Dans mon rêve de sommeil embué
Chercheur d'azur, d'amour, de roses.

Armand Mante

dimanche 1 février 2009

Le rat de Sète


Ô rage, ô désespoir, ô divin sacrilège!
Voilà qu'un rat de ville ose troubler la loi
Moribond, il propage en son souffle l'émoi
Ordonnant sa vengeance au feu du sacrilège.

Dans la cour d'une école en son for interieur
Un indiscret garçon voulut de sa ferveur
Observer l'animal qui, mal en point, sur scène
Attend comme un benêt sa mort prochaine.

Voilà qu'avec malice entame, de ses dents,
Un doigt bien imprudent en ouvrant une plaie,
Ô rouge de colère! il arrache l'ivraie
Et libère le sang pour des plaisirs ardents.

De ce petit malheur en la folle aventure
Il y eut un éclair qui comme un feu follet
Inonda l'atrium comme un fameux camouflet
Et déguisa l'exploit eu une flétrissure.

La curiosité comme un vilain défaut,
Est un immense outrage à braver la nature.
De la démente épreuve à prôner la blessure
Stimule le projet d'un innocent barjot.

Ô Dieu! Que n'a-t-il fait de sa décente vie,
Une fâcheuse impudence en pensant au héron
Qu'un long cou maladroit pour un maigre poisson
Se pavanait, hélas, d'une futile envie.

Le poufre en son honneur dans son royal bassin
Ironise en son grè, de par ses tentacules,
Devise avec un loup dans la mer des scrupules,
Pour un vieux rat qui fut dans un fichu pétrin

Joseph Teyssier

mardi 27 janvier 2009

La bouche en folie (acrostiche)


L à ! Elle est si jolie quand elle nous sourit,
A vec son air malin, enfantin, c’est Carolin.

B ouche très aguicheuse, aux lèvres ravageuses,
O n les devine bien dessinées, coquine branchée.
U ne belle langue rose, si sensuelle et si virtuose,
C achée dans deux jolies joues pour “petit bisou”.
H abilement maquillées dans le vent des baisers,
E n souriant, elle attend gaiement le bon moment.

E nfin, c’est certain ! Elle dit plein de bêtises,
N ourrie aussi, par de très bonnes friandises.

F anatique, si pratique… pour faire de la jolie musique,
O u déclamer de la belle poésie, aussi, j’en suis si ravie !
L a langue bien pendue tangue avec les sous-entendus.
I l faut que je me repoudre le nez alors vous m’excusez,
E t trop beau, le coup de foudre tombé m’a déconnecté.

Véronique Bouzigues

mardi 20 janvier 2009

Frimas

Grand-mère emplissait la baignoire de braises incandescentes, la glissait entre les draps entr'ouverts de nos deux lits jumeaux. Nous nous déshabillions en hâte, enfilions une longue chemise de toile souple et des chaussettes courtes de laine tricotée, puis allongions nos corps d'enfants entre les draps tendus sous les édredons rouges gonflés de fins duvets. -Ne remuez pas trop, gardez bien la chaleur du bois sec embrasé. Nous étirions nos jambes dans les régions les plus fraîches, le sang passait sans heurts, les coeurs battaient moins forts. Une douce torpeur alanguissait nos êtres et nos paupières lourdes s'abaissaient pour la nuit. Grand-mère posait sur nos deux joues de longs baisers de fée puis à pas silencieux gagnait la chambre claire. Le matin s'invitait par l'oeil des volets clos, plongeait dans un ravissement douillet notre réveil surpris. Des fleurs de givre ornaient les carreaux des fenêtres et des grains de froidure piquaient les vieux murs gris. Dehors la bise sifflait les valses du grand nord et le neige fine poudrait le paysage glacé. Nous courions comme des fous à la cuisine chaude où le fourneau ronflait pour toute la maison. Grand-mère nous serrait fort sur sa poitrine offerte en nous baisant les front, les yeux, le nez, le cou. Ces instants là jamais je ne pourrai les dire tellement ils étaient beaux. -Etes-vous bien chez moi mes jésus, je vous garde trois jours encore, bien courts, et puis vous partirez, vous m'écrirez souvent. Elle nous servait du lait bouillant, nous tartinait du miel et sa gelée de coing. Je sais depuis que la chaleur est toute enfouie en nous comme au coeur de la terre, que le pain, la tendresse et la douceur des mots, comme braises attisées chassent la faim, la peur, et qu'il n'est ici-bas d'époque ni de lieu d'où l'on ne puisse écarter la misère et la mort.

Armand Mante

mercredi 7 janvier 2009

Ma Ville



On a souvent parlé de la ville lumière,
Et surtout de MARSEILLE avec sa canebière.
Chaque poète dit, en vantant son pays,
« C’est le plus beau de tous, c’est presque un paradis ».

Permettez, pour ma part, moi l’humble rimailleur,
Qu’à mon tour je signale, en France, au visiteur,
Qu’il existe ici bas une île singulière,
Qui n’est souvent connue que par son cimetière.

Elle a été chantée d’abord par VALERY,
Puis par Georges BRASSENS, et ce n’est pas fini.
Chaque sétois voudrait, du plus profond du cœur,
Faire connaître au monde ce lieu si enchanteur.

C’est d’abord au réveil un petit air de fête,
Le bonjour matinal à la bonne franquette.
Chacun fait son travail, et surtout le soleil
Donne à tous les objets une couleur vermeil.

Dockers et Charbonniers, sur leurs larges épaules,
Pour les bateaux qui vont jusqu’aux confins des pôles
S’assujettir les flots, chargent, c’est leur destin,
Déchargent les produits dont certains ont besoin.

Des langues bien pendues ont dit que le Midi,
Etaient fait de fainéants, qu’on ne pensait qu’au lit.
C’est vrai que le travail, ici on le fait vite,
Pour s’en débarrasser et rejoindre son gîte.

Et pour ne pas avoir à le recommencer,
On le fait vite et bien ; et l’on s’en va goûter
Les délices subtils d’un verre de pastis
Qui nous fait oublier qu’il y a « Ramassis » (1).

Et le dimanche arrive, on monte en baraquette,
Le paysage est beau, c’est un lieu de retraite.
Ou bien on s’en va faire un tour à ISSANKA ;
Et sieste obligatoire après le bon repas.

MACIAS nous a chanté « j’ai quitté mon pays »,
Et moi tout comme lui, je l’ai quitté aussi.
Mais lorsque je le peux, je vais me mettre au vert,
Au pied de ma colline appelée Mont St Clair.

Sur notre plage immense, ou bien dans les rochers,
La mer y étincelle de mille et un reflets.
Tout le monde s’amuse et ce si beau rivage,
Fait oublier l’été, que SETE est un village.

C’est un point sur la carte, dans notre vaste France,
Pour moi ce site est beau, puisque c’est mon enfance.
Les estivants qui triment dans la Capitale
De repos, viennent ici apaiser leur fringale.

Je ne veux pas avoir l’âme d’un troubadour,
Ni penser que je vais vous faire un long discours,
Mais en lisant ces mots, ami, non un poème,
Je voudrais que tu visites SETE et que tu l’aimes.

Jean RATIER.

(1) Nom donné à un cimetière Sétois.