jeudi 11 décembre 2008

Automne



Sur les vagues ont fleuri de longues barbes grises
Qui viennent s’échouer sur les rochers mouillés.
Le silence est plus lourd qu’une porte d’église
Sur les dunes endeuillées des clameurs de juillet.

La plage est affranchie des fureurs estivales,
De ces corps alignés comme pour le défilé,
Et le ciel maquillé aux couleurs automnales,
Se mire dans une eau aux teintes orangées.

On y voit les vestiges des châteaux de silice,
Bâtis par des enfants sous le soleil d’été,
La ronde des oiseaux et leurs ombres qui glissent,
Et des serments d’amour à moitiés effacés.

Des herbes enlacées dansent une valse lente,
Ballottées par le vent sur le sable ridé,
Et des chiens égarés jouent pour tromper l’attente,
Septembre a ramené la quiétude et la paix.

On y entend planer comme un air de Bohême
Quand le mistral salé fait jouer son archet,
Et la mer libérée décline ses poèmes,
Pour des sacs de plastique et des bouts de papier.

Roland Vidal

5 commentaires:

Elisabeth a dit…

Quelle jolie poésie - moi qui adore la Nature avec un grand 'N' !
Une magnifique sensibilité.....
Elisabeth

marie-ange a dit…

le poème réussit à nous laisser pénétrer dans l'atmosphère automnale et à aimer jusqu'à la désolation passagère qui s'en dégage
très beau...

C.P.C.G.B a dit…

Bonjour Elisabeth,
C'est vrai que dans notre région la nature ne regorge pas de merveilles, (à part la mer) Alors autant la protéger.

Bonjour Marie-Ange,
Merci de passer de temps en temps sur la blog. Et d'y laisser quelques coms.
Quand à l'automne, c'est la saison que je préfère.

Roland

Claudie Becques a dit…

Je sais Roland que chaque année il te tarde de voir tous ces "envahisseurs" de toutes régions quitter tes jolies plages et retrouver enfin le calme.
Mais il est tellement injuste que le bleu du ciel et de la mer et l'or du soleil ne soit pas répartis plus équitablement ! (sourire)
C'est une vraie joie pour moi que de commencer l'année en te lisant.
Amicalement.
Claudie.

C.P.C.G.B a dit…

Mais non Clo !!!! on les aime bien nos touristes, (même les ch'tis) c'est juste qu'on veut bien leur prèter nos plages un moment, mais faut bien qu'on les récupère un jour !
Merci pour ton passage.
Roland