samedi 1 mai 2010

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Les Mots

Il y a des mots laids
Qui blessent le coeur
Parce que le coeur est déjà blessé.
Il y a des mots durs
Qui perdurent
Parce que trop fier
De regretter.
Il y a des mots dits
Sans réfléchir
Qui peuvent durer toute une vie,
Des mots cruels
Que l'on lance de notre rempart
Bâti contre 'ennemis',
Des mots perdus
A trop attendre
De dire pour faire plaisir.
Pourquoi ces mots
Qui ne méritent pas
Le son d'une voix,
Qui gâchent une vie,
Si courte déjà.... ?

Ne perdons donc jamais de vue
Qu'il y a aussi ....
Des mots doux,
Des mots gentils,
Des mots jolis.

Elisabeth Derwent Bayet

lundi 26 avril 2010

L'OLIVIER SUR LA PELOUSE

L'OLIVIER SUR LA PELOUSE

Vivant dans le présent et confortablement,
Nous recyclons parfois les objets d'ancien temps.
Naissent ainsi quelques usages inattendus ;
Tel, un chaudron de cuivre en jardin suspendu,
Un collier de cheval supporte un baromètre,
Un broc de lavement décore une fenêtre !

Les acquis du passé tombant en déshérence,
Les idées à leur tour, glissent à contresens.
Le savoir culturel s'efface des cerveaux,
Le Sud oublie son huile et gaspille son eau.
Si bien que l'olivier fait décor de piscine.
Le voilà bêtement au milieu du gazon !
Qui se soucie encor des épopées latines
Et de l'arbre jalon de civilisation ?

Lui qui avait nourri la tribu d'Abraham
Fini, comme un rosier, en plante d'ornement !

Gérard Comolas




jeudi 25 mars 2010

A Winter Day


My body thrills to the icy pain of these Winter days,
A challenge to my sun-thirsty appetite.
I feel the hardness of the soil at my feet,
The deafening touch of the wind at my ears.

I see the last cobwebs of the sun-worshippers season
Sailing airily away to some bluer seas.
I hear the crystal call of a solitary bird
Which stimulates my soul into sudden appreciation.

I feel the dull pain of life-giving rain at my neck
And see the gas-grey ghosts of Summer clouds,
Like funeral shrouds, mingling with the mist.
Trees stand like corpses coffined in the pin-pricking wind.

Elisabeth Derwent Bayet

samedi 20 mars 2010

un certain dimanche de mars

Une journée prometteuse
Ciel franchement bleu
Lumières irisantes
Air presque glacial
Un doux laisser aller un peu mélancolique
Le mot "vieillesse" s'ouvre par le mot "vie"
La vie à cet instant se veut accalmie
impérieuse envie d'apaisement
surtout ne pas fêter avec fracas
une musarderie dans un musée ?
pourquoi pas ?
Dehors entre chien et loup flotte une senteur de neige
plus tard le ciel sombre crache de gros flocons de ouate blanche
qui rayent lentement l'espace étonné
et finissent pas s'étendre sur la terrasse
habillant tout d'une mousse de dentelle scintillante
Ultime cadeau de la nature
célébrant ce jour qui s'achève

vendredi 5 mars 2010

Ligalté

Ligalté

Dans un pays nommé Ligalté
Miss Monde fut élue Chef de la République.
Désormais l'Etat exigeant art et beauté
On choisit des ministres aux talents artistiques.

A la Culture, premier dans l'ordre,
On mit le couturier le plus à la mode,
Suivirent, une diva à la Justice,
Un maître de ballet à la Police.
Les Impôts devinrent des Revenus
Sous la houlette d'un chanteur très connu.
L'Agriculture échut à un sculpteur célèbre,
Les P et T à une femme de lettres.

Les lois s'élaboraient dans le courrier du coeur,
Le peuple applaudissait, il touchait au bonheur,
On chantait, on dansait,
Avec sourire et beauté tout s'arrangeait.

Un technocrate de "quelque-chose"
Fit peindre les autoroutes en rose.
Le pays vu d'en haut,
Ressemblait à un paquet-cadeau.
Le tourlourou Ministre de la Guéguerre
Fit ajouter sur les treillis militaires
Des pâquerettes et des fleurs des champs,
Car venait d'arriver le Printemps

et
>> lirva'dnossiop .>

Gérard Comolas


samedi 27 février 2010

Au jeu de la Marelle


Au jeu de la Marelle,
Je voudrais le gros lot.
Juste un bruissement d'elle,
Comme un souffle nouveau.
Le clair d'une chandelle,
Pour être son Pierrot.
Ses yeux qui m'ensorcellent
Le velours de sa peau.

Au jeu de la Marelle,
Je voudrais en cadeau,
Un morceau de ficelle,
Une poignée de mots.

Je prend mes rimes en "elle"
Et j'en fais de fagots
Sur ma nappe en dentelles
Je joue au Mikado

J'y ai vu pêle-mêle
Une pèche aux ormeaux,
Un océan rebelle,
la voile d'un bateau.
Un vol de tourterelles
Au milieu des corbeaux.
Un pot de mirabelles
Et du jus d'abricot.
L'ombre d'une tonnelle
Sous un été trop chaud,
Des amours éternelles
Et des coquelicots.
Des morceaux de canelle,
La plume d'un oiseau.
J'ai mis mes ritournelles
Et le blues d'un saxo.

Au jeu de la Marelle,
J'emporterai le pot...

Roland Vidal